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The PHARIDAE (Bivalve, Molluscs) of the Tunis bay, Tunisia (Western Mediterranean)

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Les PHARIDAE (Mollusques, Bivalves) de la baie de Tunis, Tunisie (Méditerranée occidentale)

 

M. ANTIT1,

J. URRA2,

P. MARINA3,

A. AZZOUNA1

1 University of Tunis El Manar, Faculty of Sciences of Tunis, UR11ES12, Biology of Animal Reproduction and Development, 2092, Tunis, Tunisia

2 Oceanographic Center of Málaga-Spanish Institute of Oceanography, Puerto Pesquero s / n, Fuengirola, 29640, Malaga, Spain

3 Department of Animal Biology, University of Málaga, Campus de Teatinos s / n, 29071 Málaga, Spain

 

Abstract – The Pharidae are Bivalve Molluscs, generally without any commercial interest. In the current work, two stations were chosen from the soft bottoms of the Bay of Tunis (La Goulette). The first one is located at 3-4 m depth and the second at 10-15 m. Among a total of 221 specimens, 2 species were identified as Pharus legumen (Linné, 1758) and Phaxas pellucidus (Pennant, 1777). For each of them, a complete systematic description was carried out. For Pharus Legumen (Linnaeus, 1758), the samples taken between April 2009 and March 2010 revealed the abundance of juveniles and the scarcity of adults: this finding, confirmed by statistical analyzes, reflects the presence of significant recruitment particularly in the spring.

 Keywords : PHARIDAEPharus legumenPhaxas pellucidus, Tunis bay, soft bottoms.

Résumé – les Pharidae sont des Mollusques Bivalves, généralement sans aucun intérêt commercial. Dans le présent travail, deux stations ont été choisies dans les fonds meubles de la Baie de Tunis (la Goulette). La première, est située à 3-4m de profondeur et la seconde à 10-15m. Sur un total de 221 spécimens, 2 espèces ont été identifiées : Pharus legumen (Linné, 1758) et Phaxas pellucidus (Pennant, 1777). Pour chacune d’elle, une description systématique complète a été réalisée. Pour Pharus legumen (Linné, 1758), les prélèvements effectués entre avril 2009 et mars 2010 ont permis de mettre en évidence l’abondance de juvéniles et la rareté des adultes : cette constatation, confirmée des analyses statistiques, reflète la présence d’un important recrutement particulièrement au printemps.

Mots clés : PHARIDAEPharus legumenPhaxas pellucidus, Tunis bay, soft bottoms.

  1. Introduction 

Les substrats meubles, sont ceux dont les éléments constitutifs sont mobiles, d’une taille allant des galets aux vases. Ils peuvent accueillir une endofaune et une certaine épifaune et flore. La biocénose des substrats meubles occupe une place primordiale en Méditerranée et abrite une faune très riche en Mollusques. Les zones côtières sont contrôlées par une combinaison de facteurs biotiques et abiotiques; les premiers étant les plus importants (Clarke et Milne 1955 ; Massé 1972 ; Gage 1974). Pour les seconds, il semble que le degré d’exposition à l'hydrodynamique, la température et la nature du substrat seraient les facteurs abiotiques majeurs, qui en interagissant entre eux, contrôlent, à la fois, la distribution des espèces et la dynamique des communautés benthiques de la zone côtière (Pearson, 1971). Plus précisément, il a été établi qu’à des profondeurs inférieures à 5m, la distribution de la faune est déterminée principalement par les marées (lorsqu’il y en a) puis par l’exposition aux vagues, la température et la salinité. Par ailleurs, Maurer et al (1979) ont montré que l’augmentation de l’instabilité sédimentaire réduit le nombre d’espèces. Au niveau de ces zones côtières des eaux plus profondes (>5m), la composition sédimentaire devient le facteur prépondérant dans la structuration des communautés benthiques (Gage 1974 ; Glémarec et Hily 1981 ; Hily 1984 ; Dauvin et al. 2004).

Les Pharidae sont des Mollusques Bivalves, comprenant les « couteaux », dont la morphologie très particulière reflète des adaptations à un mode de vie fouisseur dans les substrats meubles. La coquille est très inéquilatérale, avec les umbos situés plus près de l’extrémité antérieure, comprimée latéralement et très allongée, baillante aux extrémités pour laisser passer le pied du coté antérieur et les siphons du coté postérieur. On connaît 5 espèces en Méditerranée (Coll et al. 2010). Du point de vue du groupe trophique, cette famille se compose de filtreurs (Gofas et al. 2011). L’identification des espèces de cette famille pose des problèmes en raison des grandes ressemblances morphologiques entre leurs coquilles. Le présent travail vise à clarifier leurs statuts taxonomiques en réalisant un suivi mensuel pendant un an, définir les préférences d’habitat en fonction de la profondeur et étudier la dynamique annuelle de l’espèce dominante en vue de déterminer la stratégie de recrutement en fonction de la profondeur.

  1. Matériel et Méthodes

Dans la baie de Tunis et, particulièrement, au niveau de la Goulette, deux stations de fonds meubles ont été choisies : une station, entre 3-4m de profondeur (1) (36°49.1’N, 10°18.9’E), et une autre, entre 10-15m de profondeur (2) (36°49.1’ N, 10°19.6’E) (Figure 1).

L’échantillonnage a été effectué, mensuellement, d’Avril 2009 à Mars 2010. Le prélèvement des échantillons a été réalisé au moyen d’une petite drague dont le bord inférieur est en dents de scie, et complétée par un filet de maille carrée de 3x3mm. Au laboratoire, le contenu de la drague a été conservé dans l’alcool 70°. L’échantillon a été trié et les spécimens de la famille des Pharidae ont été comptés.

Les prises de vue numériques ont été faites au moyen d’un capteur NIKON 1200 couplé à un ordinateur dans le Laboratoire de Biologie Animale de l’Université de Malaga (Espagne).